LES BALLETS TROCKADERO DE MONTE-CARLO

 

Le lac des cygnes – acte II

Le corsaire – pas de deux

Go for barocco

 

Trock_Swan_Lake_I_2009

 

            Un spectacle hors-normes. Organisé par l’association des Petits frères des pauvres.

Cette troupe, qui n’est composée qu’avec des danseurs, va monter sur scène devant 900 yeux fois deux puisque nous en possédons en général tous deux, émerveillés.

Au premier rang, grâce à mon statut éphémère de bénévole, accompagnant une grand-mère de 90 ans qui n’est pas du tout intéressée. Elle le fera savoir tout au long du spectacle et se fera réprimandée par celles qui l’entourent, impatientes qu’elle se taise.

Je gigote sur mon siège. Nous sommes arrivés bien une heure à l’avance pour installer tout le monde.

Un moment de silence se fait enfin entendre. Ce n’est pas le spectacle qui commence mais le maire de Lyon qui va prendre la parole accompagné de la présidente de la maison de la danse et d’une des mamies des Petits frères des pauvres. Madame Reine, de son prénom, est interviewée. Elle est ravie d’être ici et le fait savoir, le répétant plusieurs fois. Elle est acclamée sous les rires affectueux et les applaudissements. Sortis de scène, un majestueux rideau rouge tombe, annonçant le début proche du spectacle.

L’attente, après tout ce temps, est un peu longue. Je ne sais pas du tout ce que je vais voir et je suis impatiente de le découvrir.

Le rideau se lève enfin et une ballerine apparait sur la musique du Lac des Cygnes. Une ballerine ? Oui mais il s’agit d’un homme ! Maquillé et apprêté tel se doit d’être l’interprète d’Odette. Sur ses pointes, le danseur exécute des mouvements en toute facilité. Tous les pas du ballet sont reproduits. Bien que le coup de pied ne soit pas aussi prononcé que sur nos belles danseuses que nous avons l’habitude d’admirer, la technique est de qualité. Peu commun de voir des hommes chaussés ainsi.

Dans la danse classique académique, la femme est toujours mise en valeur. Belle et gracieuse, c’est elle qui attire l’admiration des spectateurs. Ce soir, c’est l’homme qui est mit à l’honneur.

Le ballet n’est pas seulement impressionnant par sa présence de danseurs uniquement masculins. C’est un ballet humoristique où les danseurs font rire les spectateurs sans s’arrêter. Pas une seconde de répits. Parodies de ballets classiques, nous sommes à la fois bouche bée et en même temps nous pleurons de rire.

Le cygne blanc est un ou une (difficile de savoir quel genre choisir…) petit(e) allumeur(se) qui ne danse pas que très classiquement. Un jeu de séduction s’ensuit tout au long du ballet qui est à mourir de rire. Mais ce qui est encore mieux, c’est le corps de ballet. Des hommes en tutu romantique font tous les pas que l’on peut retrouver en temps normal. Poils sous les bras et sur le torse, les cygnes s’envolent en toute légèreté, enfin bien avec quelques difficultés tout de même… les uns font tomber les autres, certains ne retrouvent par leur place ou au contraire veulent se mettre en avant de la scène. Gros durs, ils menacent également les prétendants de leur protégée Odette. Pas de cygnes noirs dans cette version et une fin de l’acte II plutôt heureuse, même s’ils se battent pour le bouquet de fleurs…

De la joie et de la bonne humeur du début à la fin du ballet.

Applaudissements. Je pleure de rire. Le rideau tombe ; Je ne peux pas concevoir que ce soit déjà finit ! C’était trop court.

J’ai de la chance, ces impressionnants danseurs reviennent sur scène. Je me demande ce qu’ils doivent ressentir au fond de leurs pieds. Je sais ce que ça peut être de porter des pointes. Est-ce pareil avec les pieds d’hommes ? Ils ont dû s’entraîner tellement longtemps !

Ce second passage représentant un pas de deux du Corsaire est bien plus court mais qu’est-ce qu’il est beau ! Moins dans l’humour prononcé et farfelu et plus dans la technique en toute délicatesse. Et oui, les hommes arrivent à être doux et délicats ! J’adore. Je les trouve vraiment beaux, qu’ils soient hommes ou femmes, finalement la danse, c’est magnifique.

La troisième partie Go for Barocco me plait moins mais est tout aussi rigolote cependant. Un danseur aux jambes très élancées prend les devants de la scène avec un autre plus petit danseur. Malgré leur détermination à se tourner au ridicule et à nous faire rire, les pas qu’ils exécutent sont vraiment bien faits.

Et c’est entre larmes d’avoir trop pleuré de rire et yeux écarquillés, impressionnée que j’applaudis de toutes mes forces. Les neufs cents personnes dans la salle les acclament. Ils le méritent. Les mamies dans leur fauteuil ont l’air contente, bon sauf la mienne qui râle de savoir quand est-ce qu’on rentre, mais tant pis, on va lui donner un jus d’orange tiens !