Révolution(s)

 

Xylographie de Tânia Carvalho

Sunshine d'Emanuel Gat

Tout autour de Rachid Ouramdane

 

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Un message. Mon père m'annonce que je vais louper la danse Mardi soir (9 Février 2016). Comment ?! Il en est hors de question, on travail pour notre spectacle de fin d'année ! Oui mais voilà...il a des places pour aller voir un spectacle de l'Opéra de Lyon. Bon... Je rattraperais le cours de danse avec mes camarades danseuses. Allons s'en mettre plein la vue !

 

Lyon. Le chemin pour trouver le Toboggan, salle de spectacle, ne fut pas bien long. Jolie salle.

Nous attendons de pouvoir entrer. Je suis impatiente. Vient le moment de pouvoir s'installer dans nos fauteuils. Nous sommes tout en haut. Lorsque tout le monde est entré, les spectateurs se précipitent pour changer de place et choisir celles plus basses. Nous, nous sommes bien en haut. Nous avons vue entière sur toute la scène et sans aucune tête d'un grand spectateur devant nos yeux.

Les lumières se tamisent, les spectateurs comment à tousser, mes pupilles se dilatent dans l'attente d'être éblouies par les lumières de la scène. Je suis fin prête pour admirer les danseurs.

Un lumière douce et irrégulière illumine la scène. Un danseur entre. Il est seul. Il traverse la scène immense de pas amples mais lourds. Il est seul mais il prend tout l'espace. Pas de musique. Juste lui qui tient les spectateurs en haleine. Et là, sans difficulté, il fait un saut écart en seconde. Sans bruit. Je comprends alors que je vais bien en prendre plein les yeux.

Petit à petit, d'autres danseurs entrent sur scène. Il finissent par être dix-huit. Dix-huit danseurs magnifiques. Des corps musclés et gracieux. Parfaits. Ils portent des costumes simples et de trois couleurs différentes. Ils se mélangent et s'entremêlent dans des mouvement exercés à la précision qui semblent si naturels et faciles. Ils forment des groupes par couleur puis se détachent. Ils ne forment pourtant qu'un. Pas de musique, ou peu car ce sont les danseurs qui remplissent l'espace. Des poses, ensuite, qui restent quelques secondes. Le temps d'admirer la beauté de ces corps qui racontent une histoire abstraite. Des corps qui dansent, qui s'expriment. D'une immense délicatesse. Impressionnant.

La lumière très légère diminue encore et les applaudissement fusent alors que ceux qui ont tout donné sur scène nous saluent. Bravo ! Mes mains sont rouges. Je suis si heureuse d'avoir vu ce ballet. Seulement vingt ou trente minutes, c'était trop rapide. Mais ce n'est pas finit. Un deuxième ballet nous attend. Sera-t-il aussi bien ?Je sût à la fin de la soirée que Xylographie serait mon ballet préféré des trois présentés.

Un entracte d'une quinzaine de minutes avant de retourner admirer les danseurs. Le temps pour mon père et moi de se donner nos impressions sur ce que nous venons de voir. Il a adoré, tout comme moi.

Je retourne dans la salle, impatiente de ce que je vais voir. Le rideau s'ouvre sur quatorze danseurs en cercle. Pas de costumes, juste des vêtements simples. Pas de musique, juste une voix qui fait écho de temps en temps aux mouvements des artistes. Ils dansent, dans tous les sens. Je crois qu'ils pourraient s'envoler. Les mouvements s'emmêlent et se démêlent sur toute la scène. Celle-ci est remplie d'énergie. C'est une énergie positive que nous transmettent les danseurs, qui emporte le spectateur, qui donne envie de se lâcher à son tour et de danser. Les danseurs expriment leur liberté à travers leur danse. Ils donnent l'impression d'improviser, d'être naturels tout en exécutant une chorégraphie bien précise. C'est beau dans toute sa simplicité.

Pas le temps de respirer. Sitôt les rideaux tombent après un tonnerre d'applaudissement qu'ils se réouvrent. Vingt-quatre danseurs sur scène se trouvent sur les côtés. Ils entrent petit à petit sur scène, formant un cercle. Ils marchent. C'est calme. C'est doux. Et puis, tout d'une coup, ça explose. Les danseurs partent dans une course effrénée. Et alors pendant vingt minutes, ils ne s'arrêtent plus. Mouvements sur mouvement s'enchaînent. A peine ont-ils finit une phrase qu'ils embrayent sur une autre. Mais comment trouvent-ils toute cette énergie ? Je ne respire plus.

Avec facilité, ils exécutent des mouvement brusques puis délicats. Des portés incroyables. Avec une telle rapidité. Je suis époustouflée. Cette qualité du mouvement avec cette liberté du corps. Je veux monter sur scène.

La lumière de la scène s’éteint, les rideaux se ferment et la lumière de la salle nous ébloui, nous réveillant de ce moment merveilleux où nous étions emportés par les rêves de la danse. Je respire enfin. Mon cœur bat à cent à l'heure comme si c'était moi qui avait dansé. Je veux que ça continue. Mais c'est déjà finit. Trop rapide mais laissant à l'esprit une marque indélébile.

La force, la délicatesse , la beauté et la justesse dans danseurs de l'Opéra de Lyon est incroyable.

Ce spectacle, découpé en trois ballets, est une vrai révolution.

Révolution du corps. Envie de danser sans s'arrêter.

Révolution de l'esprit. Troublé par tant de beauté.