Gaël Faye – Petit Pays

 

Petit Pays

Petit Pays (2)

 

Carte d’identité de ce roman:

-Auteur : Gaël Faye est né en 1982 au Burundi d'une mère rwandaise et d'un père français. En 1995, après le déclenchement de la guerre civile et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il arrive en France. Il passe son adolescence dans les Yvelines et découvre le rap. Gaël Faye étudie dans une école de commerce, obtient un master de finance et travaille à Londres durant deux ans pour un fonds d'investissement. Il quitte la cité de Londres pour se lancer dans l'écriture et la musique. Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète de rap. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il sort un album en 2010 avec le groupe Milk Coffee & Sugar (révélation Printemps de Bourges).  En 2013 paraît son premier album solo, Pili Pili sur un croissant au beurre. Enregistré entre Bujumbura et Paris, il se nourrit d’influences musicales plurielles : du rap teinté de soul et de jazz, du semba, de la rumba congolaise, du sébène…  En 2016, il sort son premier roman, Petit pays, qui obtient de nombreux prix, notamment le prix du roman Fnac, le prix Audiolib et le Goncourt des lycéens. 

Source : audiolib

-Édition que je possède : Le Livre de Poche

-Date de sortie dans cette édition : 23 août 2016

-Nombre de pages dans cette édition :216

 

Résumé :

«Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «  petit pays  », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.
Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.
»

 

Mon avis :

J'ai reçu ce petit roman pour Noël et il fut ma première lecture de l'année 2018, et c'est la première chronique de cette nouvelle année, avec mon retour sur Les Chroniques de Pez!

 

Je connaissais Gaël Faye en tant que compositeur-interprète, ayant beaucoup écouté son album Pili Pili sur un croissant au beurre que j'adore. J'avais vu qu'il avait sorti un roman et j'étais bien curieuse de le découvrir. J'étais donc ravie de l'avoir comme cadeau du papa Noël.

 

Petit roman, il se lit très rapidement. D'autant plus que l'auteur adopte un ton léger et simple puisqu’il relate des événements de son passé, se mettant dans la peau de lui enfant.

 

Le lecteur découvre alors la vie d’un jeune enfant de 10 ans, Gabriel, qui vit au Burundi, en Afrique. On suit ses aventures et découvre en même temps l’histoire de ce continent, du petit pays dans lequel il vit.

 

J’ai été très éprise par les émotions du personnage, d’autant plus que je savais qu’il s’agissait d’une histoire réelle, vécue et ce par une personnalité que j’apprécie beaucoup.

 

La lecture est très facile car dès le début on se met dans la peau de Gaby.

 

Ce roman, s’il nous fait découvrir l’histoire du Burundi, fait également s’interroger sur les relations humaines, sur la guerre, sur les atrocités que peuvent faire subir certaines personnes et que peuvent subir certaines personnes.

 

Sans ne rien révéler de l’histoire, il a été pour moi difficile de contenir quelques larmes car j’ai vraiment été touchée par l’histoire de Gabriel.

 

C’est vraiment très intéressant de découvrir l’histoire d’un artiste. Puis, j’ai réécouté ses musiques après avoir lu son histoire et, j’y ai vu et entendu beaucoup plus de sens.

 

J’ai senti dans ce roman, du coup, une lecture musicale et dans les musiques de l’auteur, une composition très poétique.

 

En bref, j’ai beaucoup aimé ce roman et je le conseille fortement. Par son petit format, et par son ton léger, il est facile à lire avec pour autant un sujet fort et très intéressant à découvrir.

 

Quelques mots de l’auteur:

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages...
J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

Source : Editions Grasset, 2013

 

Extrait:

«Chère Laure, 
Gaby c'est mon nom. De toute façon tout a un nom. Les routes, les arbres, les insectes... Mon quartier, par exemple, c'est Konanira. Ma ville c'est Bujumbura. Mon pays c'est le Burundi. Ma sœur, ma mère, mon père, mes copains ils ont chacun un nom. Un nom qu'ils n'ont pas choisi. On naît avec, c'est comme ça. Un jour, j'ai demandé à ceux que j'aime de m'appeler Gaby au lieu de Gabriel, c'était pour choisir à la place de ceux qui avaient choisi à ma place. Alors pourras-tu m'appeler Gaby, s'il te plaît ? J'ai les yeux marrons donc je ne vois les autres qu'en marron. Ma mère, mon père, ma sœur, Prothé, Donatien, Innocent, les copains... ils sont tous lait au café. Chacun voit le monde à travers la couleur de ses yeux. Comme tu as les yeux verts, pour toi, je serai vert. J'aime beaucoup de choses que je n'aime pas. J'aime le sucre dans la glace mais pas le froid. J'aime la piscine mais pas le chlore. J'aime l'école pour les copains et l'ambiance mais pas les cours. Grammaire, conjugaison, soustraction, rédaction, punition, c'est la barbe et la barbarie ! Plus tard, quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie. Il faut savoir réparer les choses quand elles ne fonctionnent plus. Mais c'est dans longtemps tout ça je n'ai que 10 ans et le temps passe lentement, surtout l'après-midi car je n'ai jamais école et le dimanche car je m'ennuie chez ma grand-mère. Il y a deux mois, on a vacciné toute l'école contre la méningite sous le grand préau. Si tu tombes malade des méninges, c'est grave, tu ne peux plus réfléchir il paraît. Alors le proviseur a insisté auprès de tous les parents pour que l'on nous fasse la piqûre, c'est normal, c'est son affaire nos méninges. Cette année, il va y avoir des élections pour élire un président de la République au Burundi. C'est la première fois que ça arrive. Je ne pourrai pas voter, il faut que j'attende d'être mécanicien. Mais je te donnerai le nom du vainqueur. Promis ! 
A bientôt 
Bisous
Gaby 
PS: je vais me renseigner pour le riz.»